Aller au contenu

Business & Tax

IFI et Résidence Russe : Stratégie Fiscale pour les Grandes Fortunes Françaises (2026)

2 juin 202613 min de lectureDmitry Zapolskiy
Partager cet article

IFI et Résidence Russe : Stratégie Fiscale pour les Grandes Fortunes Françaises (2026)

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil juridique. Le droit fiscal est spécifique à chaque juridiction et évolue fréquemment. Consultez des conseillers fiscaux qualifiés en France et en Russie avant de prendre des décisions en matière de résidence ou de planification fiscale. Dernière mise à jour : juin 2026.

Rédigé par l'équipe juridique de NovosCivis — Avocats en immigration agréés, spécialisés dans la structuration fiscale transfrontalière pour les clients HNWI qui s'installent en Russie.


La France taxe la fortune. Non pas les revenus de la fortune — la fortune elle-même. L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), introduit en 2018 en remplacement du plus large Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), prélève un impôt annuel sur les actifs immobiliers nets dépassant 1,3 million d'euros. Combiné au barème progressif de l'impôt sur le revenu (atteignant 45 %), aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS à 17,2 % sur les revenus d'activité, 18,6 % sur les revenus de valeurs mobilières/investissements depuis janvier 2026), et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (surtaxe de 3 à 4 % sur les revenus supérieurs à 250 000 EUR), un HNWI français détenant un patrimoine immobilier important et des revenus d'investissement fait face à un taux marginal effectif pouvant dépasser 60 %.

Le cadre fiscal russe repose sur des principes fondamentalement différents : un impôt sur le revenu progressif débutant à 13 % (n'atteignant 22 % qu'au-delà de 50 millions de RUB), aucun impôt sur la fortune de quelque nature que ce soit, aucune cotisation sociale sur les revenus passifs, et aucun droit de succession. Pour un entrepreneur français disposant de 5 millions d'euros de patrimoine immobilier mondial et de 500 000 EUR de revenus d'investissement annuels, l'écart fiscal annuel entre la résidence française et la résidence russe dépasse 200 000 EUR. Sur une décennie, cet écart cumulé représente plus de 2 millions d'euros — sans compter les économies d'IFI sur les avoirs immobiliers eux-mêmes.

Ce guide analyse les mécanismes spécifiques de la transition de la résidence fiscale française vers la résidence fiscale russe : suppression de l'IFI, exit tax selon l'article 167 bis du CGI, la Convention fiscale France-Russie, les implications en matière de CSG/CRDS, et le calendrier de planification nécessaire pour une exécution rigoureuse.

Comment Fonctionne l'IFI — Et Pourquoi Il Provoque les Départs

L'IFI s'applique au patrimoine immobilier mondial des résidents fiscaux français dont les actifs immobiliers nets imposables dépassent 1,3 million d'euros. Les taux sont progressifs :

Patrimoine Immobilier Net Imposable Taux
Jusqu'à 800 000 EUR 0%
800 001 – 1 300 000 EUR 0,50%
1 300 001 – 2 570 000 EUR 0,70%
2 570 001 – 5 000 000 EUR 1,00%
5 000 001 – 10 000 000 EUR 1,25%
Au-delà de 10 000 000 EUR 1,50%

L'assiette inclut les biens détenus en direct, les parts de sociétés à prépondérance immobilière, et les parts de SCPI/OPCI. Un résident fiscal français détenant 8 millions d'euros de patrimoine immobilier mondial paie environ 63 000 EUR par an d'IFI seul — un coût récurrent sans contrepartie, sans déductibilité de l'impôt sur le revenu, et sans plafonnement par rapport aux revenus.

La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) a indiqué qu'environ 186 000 foyers fiscaux étaient assujettis à l'IFI en 2024, générant 2,2 milliards d'euros de recettes (Rapport statistique DGFiP, 2024). Ce que le rapport ne quantifie pas, c'est l'exode continu des HNWI qui restructurent leurs affaires pour échapper à cet impôt. Les estimations du secteur suggèrent que la France a perdu des milliers de foyers à fort patrimoine depuis 2019, la majorité s'installant en Belgique, en Suisse, au Portugal (avant la suppression du NHR) et au Luxembourg.

Le Paysage Post-Non-Dom

Les destinations traditionnelles pour les départs de HNWI français se sont considérablement réduites :

  • Portugal NHR : Fermé aux nouveaux demandeurs depuis 2024. Le régime fiscal à taux forfaitaire sur 10 ans applicable aux revenus de source étrangère — la destination de sortie la plus populaire pour les Français — n'est plus disponible.
  • Italie Flat Tax : Plafonné à 300 000 EUR d'impôt forfaitaire annuel sur les revenus mondiaux (augmenté de 200 000 EUR en 2024). Efficace pour les HNWI à revenus modérés ; prohibitif pour ceux qui détiennent d'importants portefeuilles d'investissement européens.
  • Royaume-Uni Non-Dom : Aboli à partir d'avril 2025. Remplacé par une exclusion des revenus étrangers de 4 ans, structurellement inférieure.
  • Grèce Non-Dom : Programme en cours de réexamen sous la pression de l'UE. Limité à 15 ans. Impôt forfaitaire annuel de 100 000 EUR.
  • Belgique : Pas d'impôt sur la fortune, mais des taux marginaux d'imposition sur le revenu élevés (50 %+) et une administration fiscale agressive. De plus en plus scrutée par les fiscalistes français comme un « faux départ ».
  • Suisse : Imposition forfaitaire (forfait fiscal) disponible dans la plupart des cantons. Revenu imposable minimum généralement de 400 000 CHF+. Coûteux mais efficace. Attrait limité pour les entrepreneurs ayant des revenus d'activité.

La Russie émerge dans ce paysage comme une alternative structurellement distincte. Pas d'impôt sur la fortune. Pas de droits de succession. Un impôt sur le revenu de forfaitaire à progressif débutant à 13 %. Aucune cotisation sociale sur les revenus passifs. Et surtout — aucune obligation d'échange d'informations au sein de l'UE (la Russie ne fait plus partie du réseau d'échange automatique du Common Reporting Standard avec la France depuis 2022).

Pour une analyse détaillée du paysage post-Non-Dom, consultez notre guide sur l'abolition du Non-Dom en Europe et les alternatives.

L'Exit Tax Française : Article 167 bis du CGI

Quitter la France déclenche l'exit tax (article 167 bis du Code Général des Impôts). C'est l'élément techniquement le plus complexe de toute relocalisation de HNWI français et il doit être planifié avec soin.

Ce Que Couvre l'Exit Tax

L'exit tax s'applique aux plus-values latentes sur :

  1. Les portefeuilles de valeurs mobilières dépassant 800 000 EUR de valeur totale, OU
  2. Les participations représentant 50 %+ des bénéfices d'une société (quelle que soit la valeur)

L'impôt est calculé sur la différence entre la valeur de marché des participations éligibles à la date de départ et leur coût d'acquisition. Le taux applicable est le taux standard des plus-values : 12,8 % de prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou, sur option, le barème progressif de l'impôt sur le revenu — plus les prélèvements sociaux (18,6 % sur les revenus de valeurs mobilières depuis janvier 2026) pour un taux effectif combiné d'environ 31 %.

Report vs. Paiement Immédiat

Pour une relocalisation vers la Russie (pays tiers hors UE/EEE), l'exit tax est exigible immédiatement au départ. C'est la distinction essentielle :

  • Relocalisation au sein de l'UE/EEE : Sursis automatique. L'impôt est établi mais non recouvré. Il est annulé après 5 ans si les participations sont toujours détenues.
  • Relocalisation vers un pays tiers hors UE/EEE ayant un accord d'assistance au recouvrement fiscal avec la France : Report possible sur demande (sursis sur demande). Une garantie peut être exigée.
  • Relocalisation vers la Russie : La Russie ne dispose pas d'accord d'assistance au recouvrement fiscal avec la France. L'exit tax est exigible au départ, sauf si une garantie est fournie et que le report est spécifiquement accordé par l'administration fiscale.

Stratégies de Planification

Stratégie 1 : Cristalliser les Plus-Values Avant le Départ Céder les participations éligibles tant que vous êtes encore résident fiscal français, payer l'impôt sur les plus-values aux taux standards, et réinvestir le produit dans des actifs non éligibles (liquidités, obligations, immobilier hors UE) avant d'établir la résidence russe. L'exit tax ne s'applique qu'aux plus-values latentes — les plus-values réalisées sont imposées normalement et ne déclenchent pas l'article 167 bis.

Stratégie 2 : Donner les Participations à des Membres de la Famille Les donations de valeurs mobilières aux enfants ou autres membres de la famille peuvent réduire la base soumise à l'exit tax. Le bénéficiaire acquiert les participations à leur valeur de marché à la date de la donation (réinitialisant effectivement le prix de revient). Les droits de donation français s'appliquent (abattements de 100 000 EUR par enfant par période de 15 ans), mais l'avantage combiné des droits de donation et de la planification successorale peut l'emporter sur la charge de l'exit tax.

Stratégie 3 : Convertir les Participations en SCI vers des Structures Non Immobilières Si l'IFI est la motivation principale et qu'une part importante du patrimoine est détenue via des Sociétés Civiles Immobilières (SCI), envisagez une restructuration. Les parts de SCPI peuvent être cédées (déclenchant des plus-values, mais éliminant à la fois l'IFI et l'exit tax sur ces participations). Les structures SCI détenant de l'immobilier français resteront soumises à l'IFI sur les biens français même après la relocalisation — mais l'immobilier hors de France sort entièrement de l'assiette de l'IFI.

Stratégie 4 : Relocalisation en Deux Étapes S'installer d'abord dans une juridiction UE/EEE (Belgique, Luxembourg, Chypre) pour bénéficier du sursis automatique de l'exit tax. Après la période de report de 5 ans, s'installer en Russie. L'exit tax est annulée à l'expiration de la période de détention de 5 ans pour les départs vers l'UE/EEE — même si le contribuable s'installe ensuite dans un pays tiers. Cette stratégie ajoute de la complexité et exige une résidence effective dans la juridiction européenne intermédiaire.

Stratégie 5 : Négocier une Garantie pour le Report Bien que la Russie ne dispose pas de convention d'assistance au recouvrement fiscal avec la France, l'administration fiscale française peut accorder un report au cas par cas si une garantie adéquate (garantie bancaire, actifs nantis) est fournie. Il s'agit d'un résultat négocié — non d'un droit automatique — et nécessite l'accompagnement d'un conseil fiscal français expérimenté.

La stratégie optimale dépend de la composition de votre portefeuille, de l'ampleur des plus-values latentes et de votre calendrier. Consultez un avocat fiscaliste avant d'exécuter tout plan de relocalisation.

Pour l'analyse globale de l'exit tax en Europe, consultez notre guide sur l'exit tax et la résidence russe.

La Convention Fiscale France-Russie

La Convention entre la France et la Russie tendant à éviter les doubles impositions (signée le 26 novembre 1996, en vigueur depuis le 9 février 1999) reste formellement en vigueur — mais des dispositions clés ont été partiellement suspendues. Le décret présidentiel russe n° 585 (8 août 2023) a suspendu l'application des articles 5 à 22 et de l'article 24 des conventions fiscales avec les « États hostiles », dont la France. Cela signifie que les taux de retenue à la source préférentiels décrits ci-dessous reflètent le texte de la convention mais ne sont pas actuellement exécutoires du côté russe — les taux du droit interne russe s'appliquent jusqu'à la levée de la suspension.

Malgré la suspension, le cadre conventionnel conserve un intérêt en matière de planification : les dispositions relatives à l'attribution des plus-values et le mécanisme d'élimination de la double imposition continuent de fournir des orientations structurelles, et la suspension pourrait être levée en cas de normalisation diplomatique. Dispositions clés de la convention :

Bénéfices des Entreprises (Article 7)

Imposables uniquement dans l'État où l'établissement stable est situé. Un entrepreneur français qui cesse d'être résident fiscal français et exerce son activité à travers une entité russe paie l'impôt sur les sociétés russe sur les bénéfices russes — et non l'impôt français.

Dividendes (Article 10)

  • Retenue de 5 % si le bénéficiaire effectif détient 25 %+ du capital de la société distributrice
  • Retenue de 15 % dans tous les autres cas
  • Ces taux sont significativement inférieurs au taux de droit interne russe de 15 % pour le seuil de qualification et s'alignent sur les taux de droit interne français

Intérêts (Article 11)

Retenue de 0 % sur les paiements d'intérêts entre les deux pays. C'est un taux inhabituellement favorable — la plupart des conventions fiscales prévoient une retenue de 10 à 15 % sur les intérêts.

Plus-Values (Article 13)

Les gains provenant de l'aliénation de biens immobiliers sont imposables dans l'État où le bien est situé. Les gains provenant de la cession de parts de sociétés (autres que les sociétés à prépondérance immobilière) sont imposables uniquement dans l'État de résidence du cédant. Pour un résident fiscal russe cédant des parts d'une SAS ou SARL française, le gain est imposable en Russie au taux de 13 à 22 % — et non en France à 30 %.

Revenus Immobiliers (Article 6)

Les revenus provenant de biens immobiliers sont imposables dans l'État où le bien est situé. L'immobilier français conservé après la relocalisation reste soumis à l'impôt français sur le revenu pour les revenus locatifs et à l'impôt français sur les plus-values lors de la vente. La convention n'élimine pas l'imposition française sur les biens immobiliers situés en France.

Implication Pratique

Le cadre conventionnel fournit des orientations structurelles pour la répartition des revenus transfrontaliers : les revenus immobiliers de source française sont imposés en France, les revenus de source russe sont imposés en Russie. Toutefois, en raison de la suspension par le décret 585, les taux de retenue à la source préférentiels (0 % sur les intérêts, 5 %/15 % sur les dividendes) ne sont pas actuellement opérants. Les taux de droit interne russe s'appliquent (15 % sur les dividendes, 20 % sur les intérêts pour les non-résidents). Les HNWI français doivent structurer les flux transfrontaliers en tenant compte des taux de droit interne actuels tout en surveillant l'évolution de la suspension.

Suppression de la CSG/CRDS

Lors de la cessation de la résidence fiscale française, la CSG (Contribution Sociale Généralisée) et la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) — les prélèvements sociaux qui ajoutent 17,2 à 18,6 % aux revenus d'investissement (18,6 % sur les revenus de valeurs mobilières depuis janvier 2026) — ne s'appliquent plus aux revenus de source non française. C'est fréquemment la plus importante économie fiscale unitaire pour les HNWI français :

Type de Revenu Résident Français Résident Russe
Revenus locatifs français 17,2 % de prélèvements sociaux + impôt sur le revenu 17,2 % de prélèvements sociaux maintenus (source française)
Revenus locatifs étrangers 17,2 % de prélèvements sociaux + impôt sur le revenu 0 % de prélèvements sociaux (source non française)
Dividendes de sociétés françaises 17,2–18,6 % + 12,8 % PFU = 30–31,4 % 12,8 % PFU uniquement (pas de prélèvements sociaux pour les non-résidents) — taux conventionnels de retenue actuellement suspendus (décret 585)
Dividendes de sociétés non françaises 17,2–18,6 % + 12,8 % PFU = 30–31,4 % Imposés en Russie à 13–22 % (pas d'impôt français)
Revenus d'intérêts 17,2–18,6 % + 12,8 % PFU = 30–31,4 % Taux conventionnel de 0 % actuellement suspendu — retenue à la source de droit interne russe de 20 % applicable
Plus-values sur valeurs mobilières 18,6 % + 12,8 % PFU = 31,4 % Imposées en Russie uniquement (conformément à l'article 13 de la convention)

Pour un HNWI français percevant 500 000 EUR de revenus d'investissement annuels répartis entre sources françaises et non françaises, l'économie de CSG/CRDS seule peut dépasser 40 000 EUR par an dès l'établissement de la résidence fiscale russe.

Note : L'arrêt de Ruyter (CJUE, 2015) et la législation subséquente ont partiellement exonéré les résidents UE/EEE de la CSG/CRDS sur certains types de revenus. Cette exonération ne s'étend pas aux résidents russes — toutefois, les revenus de source française soumis à la CSG/CRDS seront imposés quel que soit le pays de destination. L'économie provient des revenus de source non française qui sortent entièrement de l'assiette fiscale française.

Comparaison Fiscale Pratique

Pour un profil représentatif de HNWI français :

Profil : 8 M EUR de patrimoine immobilier (dont 5 M EUR hors France), 400 K EUR de revenus d'investissement annuels (dont 250 K EUR de source non française), 2 M EUR de plus-values latentes sur valeurs mobilières.

Composante Fiscale Résident Français (Annuel) Résident Russe (Annuel)
IFI (sur 8 M EUR d'immobilier) ~63 000 EUR 0 EUR (IFI sur immobilier français uniquement : ~18 000 EUR)
Impôt sur le revenu sur revenus d'investissement ~51 200 EUR (12,8 % PFU) ~19 500 EUR (source française uniquement) + ~26 250 EUR (13 % russe sur source non française)
CSG/CRDS (17,2 %) ~68 800 EUR ~25 800 EUR (source française uniquement)
Charge fiscale annuelle totale ~183 000 EUR ~89 550 EUR
Économie annuelle ~93 450 EUR

Sur 10 ans, l'économie cumulée dépasse 900 000 EUR — et cela exclut l'exit tax sur les plus-values latentes qui, bien qu'elle représente un coût ponctuel, peut être reportée ou réduite grâce aux stratégies décrites ci-dessus.

Les Avantages Spécifiques de la Russie pour les HNWI Français

Pas d'Impôt sur la Fortune

La Russie n'a pas d'équivalent de l'impôt sur la fortune. L'IFI, l'ISF et toute future innovation fiscale française en matière de fortune n'ont pas d'homologue russe. Les avoirs immobiliers en Russie, les valeurs mobilières, les dépôts bancaires, les oeuvres d'art, les véhicules et toutes les autres catégories d'actifs ne sont pas taxés sur une base patrimoniale.

Pas de Droits de Succession

La Russie a aboli ses droits de succession en 2006 (loi fédérale n° 78-FZ). Le droit français des successions impose des taux pouvant atteindre 45 % sur les successions en ligne directe (60 % pour les héritiers non familiaux). Pour les HNWI français disposant de patrimoines importants, l'établissement de la résidence fiscale russe et la restructuration de la détention d'actifs via des véhicules russes peuvent réduire significativement l'exposition aux droits de succession français sur les actifs situés hors de France.

Structure d'Imposition Forfaitaire sur le Revenu

Le barème progressif russe (de 13 % à 22 %) se compare favorablement au taux combiné français pouvant atteindre 62 % (45 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Pour la plupart des HNWI, le taux effectif russe se situe entre 13 % et 15 % — la tranche à 22 % ne s'applique qu'aux revenus dépassant 50 millions de RUB (~500 000 EUR).

Affinité Culturelle

La relation culturelle franco-russe est l'une des plus profondes en Europe. L'aristocratie russe parlait le français comme première langue tout au long du XIXe siècle. Tolstoï a rédigé des passages de Guerre et Paix en français. L'architecture de Moscou puise largement dans les traditions néoclassiques et Art nouveau françaises. Le Lycée Français de Moscou — l'un des plus grands établissements scolaires français à l'étranger — assure la continuité éducative pour les familles avec enfants scolarisés. L'Alliance Française propose une programmation culturelle. La Chambre de Commerce et d'Industrie Franco-Russe (CCIFR) maintient un réseau d'affaires. Pour les HNWI français, l'adaptation culturelle est moins difficile qu'une relocalisation dans le Golfe, en Asie du Sud-Est ou dans les Caraïbes.

Calendrier et Exécution

Séquence de Planification Recommandée

Mois 1 à 3 : Évaluation et Structuration

  • Engager un avocat fiscaliste pour l'analyse de l'exit tax
  • Quantifier les économies d'IFI, d'impôt sur le revenu et de CSG/CRDS liées à la relocalisation
  • Identifier l'exposition à l'exit tax et sélectionner la stratégie d'atténuation
  • Lancer le processus de demande de Golden Visa (évaluation d'éligibilité, préparation des documents)

Mois 3 à 6 : Exécution

  • Exécuter la restructuration pré-départ (planification des donations, conversion des SCI, cristallisation des plus-values)
  • Réaliser l'investissement Golden Visa (don caritatif de 61 000 $ ou voie alternative)
  • Déposer la demande de Golden Visa auprès du MVD

Mois 6 à 9 : Transition

  • Recevoir l'approbation du Golden Visa et la carte de séjour permanent
  • Établir une adresse et un compte bancaire en Russie
  • Déposer la déclaration d'exit tax auprès de la DGFiP
  • Notifier la sécurité sociale française (CPAM/URSSAF) du départ
  • Déclarer le changement d'adresse au Centre des Impôts

Mois 9 à 12 : Consolidation

  • Effectuer le premier cycle de déclaration fiscale russe
  • Vérifier que les obligations fiscales de non-résident français sont correctement établies
  • Mettre en place la structure de conformité continue pour l'immobilier français conservé et les revenus de source française

Calendrier total : 9 à 12 mois de la décision à l'exécution complète. Le processus de Golden Visa lui-même prend 3 à 6 mois ; les composantes de planification et de restructuration fiscale se déroulent en parallèle.

Pour le processus de demande de Golden Visa, consultez notre guide complet du Golden Visa.

Questions Fréquemment Posées

Puis-je conserver mon immobilier français après la relocalisation ? Oui. Conserver de l'immobilier français est courant et n'invalide pas la résidence fiscale russe. Les biens français restent soumis à l'impôt français sur le revenu pour les revenus locatifs, à l'impôt français sur les plus-values lors de la vente, et à l'IFI (mais uniquement sur l'immobilier situé en France — les biens situés hors de France sortent de l'assiette de l'IFI). La convention fiscale attribue l'imposition des revenus immobiliers à la France.

L'exit tax française rend-elle la relocalisation non rentable ? Cela dépend entièrement de la composition du portefeuille. Pour les HNWI ayant d'importantes plus-values latentes sur valeurs mobilières, l'exit tax peut représenter un coût ponctuel significatif. Mais pour ceux dont la fortune est principalement immobilière (soumise à l'IFI, non à l'exit tax), en liquidités, ou en plus-values déjà cristallisées, l'exposition à l'exit tax peut être minime. Faites les calculs avec un fiscaliste avant de conclure.

Comment la France détermine-t-elle que je ne suis plus résident fiscal ? La résidence fiscale française selon l'article 4 B du CGI repose sur : le foyer ou lieu de séjour principal, l'activité professionnelle en France, ou le centre des intérêts économiques. Vous devez démontrer que votre résidence principale, votre activité professionnelle et votre centre économique se sont véritablement déplacés vers la Russie. Conserver un domicile en France sans résidence principale en Russie crée un risque de requalification.

La convention fiscale France-Russie est-elle toujours en vigueur ? La Convention du 26 novembre 1996 reste formellement en vigueur, mais la Russie a partiellement suspendu des dispositions clés (articles 5 à 22, 24) par le décret présidentiel n° 585 (août 2023). Cela signifie que les taux préférentiels de retenue à la source sur les dividendes, intérêts et redevances ne sont pas actuellement opérants du côté russe — les taux de droit interne s'appliquent. Le cadre conventionnel pour l'attribution des plus-values et l'élimination de la double imposition conserve une pertinence structurelle, et la suspension pourrait être levée. Suivez l'évolution de la situation et consultez des conseillers fiscaux dans les deux juridictions.

Qu'en est-il des droits à la retraite française ? Les droits à la retraite accumulés au titre du régime général et de la retraite complémentaire sont préservés indépendamment de la relocalisation. Les pensions françaises sont versées sur des comptes bancaires russes. En vertu de la convention fiscale, les pensions sont généralement imposables uniquement dans l'État de résidence (la Russie), bien que les pensions de fonctionnaires puissent être imposées en France. Les prélèvements sociaux (CSG/CRDS) sur les revenus de pension dépendent de votre affiliation à la sécurité sociale française — consultez votre caisse de retraite pour les détails.

NovosCivis peut-il se coordonner avec mes conseillers fiscaux français ? Oui. Nous travaillons régulièrement avec des avocats fiscalistes et des notaires français dans le cadre de relocalisations transfrontalières. Notre rôle couvre le volet russe : demande de Golden Visa, immatriculation fiscale russe, ouverture de compte bancaire en Russie et conformité continue en Russie. La structuration fiscale française nécessite un conseil qualifié en droit français, et nous recommandons de mobiliser les deux équipes simultanément.

La Voie à Suivre

L'IFI, combiné aux taux d'imposition sur le revenu français, aux prélèvements sociaux et au régime de l'exit tax, crée un coût annuel quantifiable de la résidence fiscale française pour les HNWI. Le cadre fiscal russe — pas d'impôt sur la fortune, impôt sur le revenu débutant à 13 %, pas de prélèvements sociaux sur les revenus passifs — offre une alternative structurelle permettant d'économiser plus de 100 000 EUR par an pour un profil représentatif de HNWI.

Les éléments de planification essentiels sont l'exit tax (qui nécessite une restructuration avant le départ) et la convention fiscale (qui détermine la répartition des revenus transfrontaliers). Les deux sont gérables avec un conseil compétent de chaque côté.

Points clés pour les HNWI français :

  • Suppression de l'IFI : L'immobilier hors de France sort de l'assiette de l'IFI lors de la cessation de la résidence fiscale française. L'immobilier français reste soumis à l'IFI.
  • Exit tax : Exigible immédiatement pour les relocalisations vers la Russie. Report possible avec garantie. Plusieurs stratégies d'atténuation disponibles.
  • CSG/CRDS : Prélèvements sociaux de 17,2 à 18,6 % supprimés sur les revenus de source non française.
  • Convention fiscale : Convention France-Russie (1996) formellement en vigueur mais dispositions clés de retenue à la source suspendues (décret 585, août 2023). Les taux de droit interne russe s'appliquent actuellement. À surveiller.
  • Golden Visa : À partir de 61 000 $ (don caritatif). Traitement en 3 à 6 mois.
  • Économies annuelles : 90 000 à 200 000+ EUR selon le profil immobilier et de revenus.
  • Calendrier : 9 à 12 mois de la planification à l'exécution complète.

Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil juridique. Les calculs fiscaux sont illustratifs et dépendent des circonstances individuelles.

Vous planifiez une relocalisation fiscalement optimisée ? NovosCivis propose des consultations confidentielles pour la demande de Golden Visa et l'établissement de la résidence fiscale russe. Nous nous coordonnons avec vos conseillers fiscaux français pour garantir une exécution transfrontalière sans faille. Prendre rendez-vous pour une consultation

D

Dmitry Zapolskiy

Avocat en Immigration Agréé | Membre du Barreau Russe

Associé Gérant chez NovosCivis (Lawgic). Spécialisé en droit russe de l'immigration, programmes de résidence par investissement et structuration juridique transfrontalière pour les clients HNWI.

Prêt à passer à l'étape suivante ?

Prenez rendez-vous pour une consultation confidentielle avec nos avocats en immigration pour discuter de votre situation spécifique.

Articles connexes